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Nouveau rapport sectoriel avec MBSC Australia : où l’IA, l’ingénierie et les infrastructures connectées peuvent soutenir les mines australiennes.Lire le rapport

Rapport de synthèse · Analyse des semi-conducteurs

La cellule DRAM 4F² : comment la mémoire se réinvente à l’ère de l’IA

Rapport de synthèse : comment une cellule DRAM stocke un bit, ce que change le passage de 6F² à 4F², et ce que cela implique pour l’IA. 39 sources.

Secteur
Semi-conducteurs
Région
Monde
Périmètre
Architecture de la cellule DRAM et mémoire pour les systèmes d’IA
33,3 %
de surface nominale de cellule en moins, de 6F² à 4F²
1,5×
de cellules dans la même surface de matrice, à F égal
64 ms
délai dans lequel chaque cellule DRAM est réécrite [2]
39
sources : articles, normes, brevets et déclarations d’entreprise

Rapport de synthèse. Les schémas sont des schémas de principe, non le dessin d’un fabricant. Les chiffres de surface et de densité relèvent d’une géométrie idéalisée, sauf source citée. Les chiffres des entreprises sont déclarés par elles et n’ont pas été vérifiés de façon indépendante. Sources consultées le 13 octobre 2026 ; la plupart des articles IEEE ont été lus sous forme de résumé.

Défi

Pour de nombreuses charges d’IA, la ressource limitante est la mémoire, pas le calcul. La puissance de calcul de pointe des serveurs a crû d’environ 3,0× tous les deux ans, contre environ 1,6× pour la bande passante de la DRAM [31], et un modèle qui ne tient pas en mémoire ne s’exécute pas. Cette mémoire, c’est la DRAM, et depuis le début des années 2010 elle repose sur un même dessin de cellule, dit 6F² [15, 7]. Ce dessin approche de sa limite [8]. En octobre 2026, CXMT est devenu le dernier fabricant en date à décrire le passage à une cellule plus petite, 4F², lors d’une conférence rapportée par la presse spécialisée [37, 38]. Samsung, SK hynix, ainsi que Kioxia avec Nanya, ont publié leurs propres versions dans des conférences à comité de lecture [12, 14, 16]. Les gros titres ont fait de la géométrie une promesse de 50 % de mémoire en plus. L’ingénierie est plus nuancée.

Solution

Ce rapport explique la cellule à partir des principes de base, puis met à l’épreuve ce qui s’en dit. Il traite de la façon dont un transistor et un condensateur retiennent un bit [1], de la lecture et de la réécriture de ce bit [3], de la raison pour laquelle une emprise 4F² exige un transistor dressé à la verticale [10], de ce qui doit changer dans la lithographie, les condensateurs et le collage de tranches pour la fabriquer [22, 19, 14], et de la place de la DRAM parmi les mémoires d’un serveur d’IA [28, 29]. Chaque énoncé est rattaché à un article à comité de lecture, à une norme, à un brevet ou à une déclaration d’entreprise nommée, et porte la mention du type de preuve dont il relève.

Démarche

  1. 1

    Les sources d’abord. Les articles à comité de lecture, les normes JEDEC et les brevets portent la physique. Les déclarations d’entreprise ne servent qu’à établir ce que l’entreprise a dit, et sont signalées comme telles.

  2. 2

    La géométrie est distinguée du produit. Un rapport de surfaces de cellule est de l’arithmétique. Une capacité, un rendement ou une date de livraison est une affirmation qui demande sa propre preuve.

  3. 3

    Chaque schéma est un schéma de principe. Aucun ne reproduit le dessin d’un fabricant, et les modèles idéalisés sont signalés comme des modèles.

  4. 4

    La place d’Algorythmos : nous ne concevons pas de puces mémoire. Nous dimensionnons, déployons et surveillons des systèmes d’IA, et la capacité comme la bande passante mémoire sont des données d’entrée de ce travail.

Un transistor, un condensateur : comment la DRAM stocke un bit

Le rôle : Retenir un bit sous forme de charge électrique, et le restituer à la demande.

Comment ça marche

Une cellule DRAM se compose d’un seul transistor et d’un seul condensateur, la disposition brevetée par Robert Dennard pour IBM en 1968 [1]. Le condensateur est chargé à travers le transistor pour stocker le bit [1]. Pour le lire, la ligne de bit est d’abord portée à la moitié de la tension d’alimentation ; la ligne de mot ouvre ensuite le transistor et la charge se répartit sur la ligne de bit [2, 3]. La capacité de la ligne de bit vaut une dizaine de fois celle de la cellule : la ligne de bit ne bouge donc que de quelques pour cent de la tension d’alimentation [4]. Un amplificateur de lecture détecte ce faible écart et porte la ligne de bit à un niveau franc, ce qui recharge aussi le condensateur [3]. La lecture détruit la valeur stockée, et l’amplificateur la rétablit [1, 4].

Limites et questions ouvertes

La charge fuit : chaque cellule doit donc être réécrite périodiquement. L’intervalle est resté à 64 ms sur plusieurs générations de DRAM [2]. Une cellule plus petite doit encore retenir assez de charge pour être lue, et maintenir la capacité près de 25 fF par cellule devient plus difficile à mesure que les cellules rétrécissent [19].

Lire un bit, puis le remettre en place

Lire une cellule DRAM la perturbe : chaque lecture se termine donc par une réécriture. Schéma d’une cellule, pas le circuit d’un fabricant.

  1. 1Le condensateur retient une petite charge : cette charge, c’est le bit.
  2. 2La ligne de bit est placée à un niveau à mi-chemin entre un 0 et un 1.
  3. 3La ligne de mot rend le transistor passant.
  4. 4La charge se répartit sur la ligne de bit, bien plus grande, et la décale légèrement vers le haut ou vers le bas.
  5. 5L’amplificateur de lecture détecte ce décalage et porte la ligne de bit à un 0 ou un 1 franc.
  6. 6Ce niveau franc repasse par le transistor ouvert et recharge le condensateur.

La matrice et les circuits qui l’entourent

Le rôle : Retrouver une cellule parmi des milliards, la lire, et laisser toutes les autres intactes.

Comment ça marche

Les cellules se trouvent aux croisements des lignes de mot et des lignes de bit. Sélectionner une ligne de mot ouvre toute une rangée, et un amplificateur de lecture sur chaque ligne de bit lit et rétablit chaque cellule de cette rangée [3]. Chaque amplificateur de lecture est une centaine de fois plus grand qu’une cellule ; les cellules sont donc regroupées en blocs, typiquement de 512 ou 1 024 lignes de côté, qui partagent une bande d’amplificateurs [3]. Les puces modernes utilisent la disposition à lignes de bit ouvertes [3], qui a rendu possible la cellule 6F² [5]. Autour de la matrice se trouvent les pilotes de lignes de mot, les décodeurs, et les rangées et colonnes de réserve qui remplacent celles qui sont défectueuses [9].

Limites et questions ouvertes

Ces circuits sont une charge fixe. Dans une DRAM courante, les amplificateurs de lecture occupent 8 % à 15 % de la puce et les pilotes locaux de lignes de mot 5 % à 10 % de plus [9]. Les concepteurs appellent efficacité de matrice la part de la puce occupée par les cellules, et s’efforcent de la garder élevée [9]. Une cellule plus dense rapproche aussi les lignes de bit, et la modélisation des matrices 4F² désigne le couplage entre lignes de bit voisines comme un problème de premier ordre [18].

Comment retrouver un bit parmi des milliards

Une vraie matrice compte des milliers de lignes dans chaque sens ; ce coin en a quatre rangées et cinq colonnes. Schéma de principe.

  1. 1L’adresse arrive, et le décodeur de rangée détermine la rangée visée.
  2. 2Une seule ligne de mot s’active et ouvre toutes les cellules de cette rangée.
  3. 3Chacune de ces cellules partage sa charge avec sa propre ligne de bit.
  4. 4Au pied de chaque colonne, un amplificateur de lecture tranche : 0 ou 1.
  5. 5Le sélecteur de colonne ne laisse passer que la colonne demandée.
  6. 6Le bit quitte la puce, et toute la rangée a été réécrite au passage.

De 6F² à 4F² : la géométrie

Le rôle : Loger plus de cellules dans le même silicium sans réduire F.

Comment ça marche

F est le plus petit motif qu’utilise un dessin, et la surface d’une cellule s’exprime en multiples de F² [5]. Les cellules antérieures occupaient 8F² [17] ; une disposition à lignes de bit ouvertes et repliées, proposée en 1994, a ramené la cellule à 6F² [5]. Avec sa ligne de mot enterrée sous la surface du silicium, la cellule 6F² a porté la DRAM de 46 nm aux générations actuelles de la classe 10 nm [6, 15]. Une cellule 4F² mesure 2F sur 2F [39], ce que la feuille de route de l’industrie désigne comme la limite pratique d’une cellule à un transistor et un condensateur [8]. Passer de 6 à 4 retire un tiers de la surface : 1,5 fois plus de cellules tiennent donc dans la même matrice. Une première conception 4F² de Samsung estimait à environ 30 % le gain en puces brutes par tranche par rapport à la 6F² [17].

Limites et questions ouvertes

Le facteur 1,5× ne vaut que pour la matrice. Tout ce qui l’entoure demeure : le gain pour une puce entière dépend donc de la part de la puce occupée par la matrice [9]. La presse spécialisée, à propos de l’annonce de CXMT, a situé le gain de densité attendu entre 30 % et 50 %, et relevé que les premiers produits pourraient n’adopter la 4F² qu’en partie [37].

Le même silicium, pavé de deux façons

F est le plus petit motif du dessin. Les deux carrés font 12 F de côté. Géométrie idéalisée, pas une puce mesurée.

  1. 1La cellule actuelle occupe 6F² : trois F dans un sens, deux F dans l’autre.
  2. 2Un carré de 12 F de côté en contient 24.
  3. 3Une cellule 4F² fait deux F sur deux F : les deux tiers de la surface.
  4. 4Le même carré en contient 36.
  5. 5Soit douze cellules de plus, une fois et demie autant, dans la même surface de matrice.
  6. 6Les circuits autour de la matrice ne rétrécissent pas avec elle : la puce entière gagne donc moins.

À vous : que gagne une puce entière ?

Modèle idéalisé : la matrice de cellules se réduit aux deux tiers et tout le reste demeure. Déplacez le curseur pour changer la part de la puce occupée par la matrice. Ce n’est la mesure d’aucun produit.

80,0 %
de la surface de puce d’origine
+25,0 %
de bits en plus dans une puce de la taille d’origine

Le transistor à canal vertical

Le rôle : Commuter le condensateur depuis l’intérieur d’une colonne large de deux F.

Comment ça marche

Dans la cellule 6F² actuelle, le transistor est un dispositif à ailette en selle dont la ligne de mot est enterrée sous la surface [7, 6]. Sa source et son drain restent côte à côte, ce qui coûte de la surface. Une cellule 4F² dresse le canal en pilier, la ligne de bit étant enterrée dessous et le condensateur posé dessus [10]. La grille peut alors entourer le canal. L’article de CXMT de 2023 décrit un transistor vertical sans jonction, à grille enrobante, avec un rapport de courants passant/bloqué supérieur à 10⁹ et une pente sous le seuil de 62,5 mV par décade [10], et un article associé une matrice de 8 Gb à 198 Mbit/mm² [11]. Une capacité de ligne de bit plus faible figure parmi les avantages avancés pour la cellule verticale [10].

Qui a publié

Samsung a publié une cellule en silicium dont la grille arrière est partagée entre cellules voisines [12], et un transistor vertical à canal d’oxyde qui peut être construit au-dessus des circuits périphériques [13]. SK hynix a montré une matrice 4F² à grille verticale intégrée au-dessus de sa périphérie [14]. Kioxia et Nanya ont démontré une matrice de 275 Mbit dont le transistor à canal d’oxyde est construit au-dessus du condensateur [16]. CXMT a présenté en octobre 2026 un transistor vertical à grille enrobante comme la base de sa plateforme 4F² [37, 38].

Limites et questions ouvertes

La ligne de bit enterrée est plus difficile à former que dans une cellule classique [10]. Les structures de silicium hautes et fines fléchissent et penchent pendant la fabrication [12]. Des lignes de bit très rapprochées se couplent entre elles [18]. Ce sont les problèmes que les articles publiés cherchent à résoudre ; aucun ne rapporte de rendement de produit.

Redresser le transistor

Coupes de principe. Les dispositifs réels varient selon le fabricant et ne sont pas à l’échelle.

  1. 1Dans un transistor à plat, la source, la grille et le drain sont côte à côte en surface.
  2. 2Tous trois prennent de la place en surface : la cellule est large.
  3. 3Redressé, le canal devient un pilier posé sur la ligne de bit.
  4. 4La grille entoure le pilier et commande donc le canal de tous les côtés.
  5. 5Le condensateur se place directement au sommet du pilier.
  6. 6Tout est empilé dans une seule colonne, et la cellule est étroite.

Imprimer le motif

Le rôle : Réaliser des lignes et des piliers plus fins que ce que la lithographie imprime en une exposition.

Comment ça marche

La multiplication de pas par espaceurs dépose un film mince sur les flancs des lignes imprimées, retire les lignes et conserve le film : deux lignes là où il y en avait une, à la moitié du pas [22]. L’opération répétée donne un quart du pas imprimé [22]. CXMT a formé les piliers de son transistor vertical en appliquant deux fois le double motif, à angle droit [10], et déclare que sa plateforme de cinquième génération atteint un demi-pas de 11,95 nm par quadruple motif [36]. Samsung a fabriqué sa DRAM 20 nm sans lithographie en ultraviolet extrême [20] et, à 14 nm, a employé cinq couches en ultraviolet extrême, réduisant d’environ 20 % le nombre d’étapes [21].

Limites et questions ouvertes

Les lignes obtenues ainsi ne sont jamais imprimées directement. Leur espacement dépend de la largeur de chaque ligne imprimée et de chaque film, et un espacement inégal en est une conséquence connue [22]. Chaque passe de motif supplémentaire ajoute aussi des étapes, ce que réduit la lithographie en ultraviolet extrême [21].

Quatre lignes dans le pas d’une ligne imprimée

Le quadruple motif auto-aligné, dans ses grandes lignes. Un procédé réel compte bien plus d’étapes de dépôt, de gravure et d’ajustement. Schéma de principe.

  1. 1La lithographie imprime des lignes au pas le plus fin dont elle est capable.
  2. 2Une couche mince est déposée puis gravée pour ne subsister que sur les flancs de chaque ligne.
  3. 3Les lignes imprimées sont retirées. Deux lignes fines se dressent à la place de chacune.
  4. 4La même opération est répétée sur ces lignes.
  5. 5On obtient quatre fois plus de lignes qu’imprimé, à un quart du pas.
  6. 6Aucune ligne n’a été imprimée directement : une erreur de largeur décale toutes les lignes qui en découlent.

Le condensateur, et une logique fabriquée à part

Le rôle : Garder assez de charge dans une emprise qui rétrécit, et empêcher la périphérie d’absorber le gain.

Comment ça marche

L’emprise d’un condensateur rétrécit avec la cellule : il grandit donc en hauteur. Les cellules modernes emploient des condensateurs hauts, à fort rapport d’aspect, avec un diélectrique zircone, alumine, zircone entre des électrodes en nitrure de titane [19]. La feuille de route prévoit que la forme passe du cylindre au pilier [8]. La génération 20 nm de Samsung a gagné 21 % de capacité à taille de cellule égale grâce à une disposition en nid d’abeilles [20]. CXMT déclare un rapport d’aspect de condensateur de 45:1 pour sa plateforme de cinquième génération [36]. Le second levier consiste à ne plus consacrer de surface de puce à la logique : fabriquer la matrice de cellules sur une tranche et les circuits périphériques sur une autre, puis les coller, comme cela se fait déjà pour la flash NAND 3D [23]. SK hynix a démontré une matrice 4F² collée au-dessus de sa périphérie [14], et Samsung a montré la même idée pour la cellule 6F² actuelle [24].

Limites et questions ouvertes

Les structures hautes et étroites sont sensibles à leur profil de gravure, qui modifie à la fois les fuites et la capacité [19]. Le collage ajoute des étapes d’alignement et de contact entre tranches [14]. Samsung a aussi publié une autre voie, qui construit des transistors à oxyde au-dessus de la périphérie sans aucun collage [13]. La voie retenue pour un produit donné, c’est à son fabricant de la dire ; la presse a relevé, à propos de l’annonce de CXMT, qu’aucune spécification n’avait été divulguée [38].

Des condensateurs plus hauts, une logique fabriquée à part

Deux réponses à une emprise qui rétrécit. L’emploi de la seconde dans un produit donné relève de son fabricant. Schéma de principe, pas à l’échelle.

  1. 1Une emprise large laisse la place à un condensateur court et trapu.
  2. 2Réduisez l’emprise, et le condensateur doit grandir pour retenir la même charge.
  3. 3Des structures très hautes et très fines sont difficiles à graver droit et à remplir uniformément.
  4. 4Seconde idée : fabriquer la matrice de cellules sur une tranche, et la logique qui l’entoure sur une autre.
  5. 5Puis assembler les deux tranches face à face, connexion contre connexion.
  6. 6Chaque tranche a reçu le procédé qui lui convient, au prix d’un collage exigeant.

La place de la DRAM dans un système d’IA

Le rôle : Tenir les modèles et leurs données de travail assez près, et assez vite, des processeurs qui s’en servent.

Comment ça marche

Un serveur d’IA emploie plusieurs mémoires. La SRAM, à l’intérieur des puces, est la plus rapide mais demande six transistors par bit : elle retient donc bien moins de bits par surface que la DRAM [34]. La flash NAND conserve les données hors tension et les stocke sous forme d’électrons piégés, une cellule d’une tout autre nature [34, 35]. La DRAM est la mémoire de travail, sous deux formes. Des composants DDR5 de 8 Gb à 32 Gb sont assemblés en barrettes pour le processeur [28]. La mémoire à large bande passante empile des puces DRAM et les couple étroitement à l’accélérateur [29] ; la norme HBM4 admet des piles de 4 à 16 puces, avec une interface de 2 048 bits et jusqu’à 2 To/s [30]. Pour servir de grands modèles, le goulet d’étranglement est de plus en plus la bande passante mémoire plutôt que le calcul [31], et la mémoire que demande chaque requête limite le nombre de requêtes traitées ensemble [32].

Limites et questions ouvertes

Le calcul progresse plus vite que la mémoire : environ 3,0× tous les deux ans pour la puissance de pointe des serveurs, contre 1,6× pour la bande passante de la DRAM [31]. Une cellule plus dense ajoute de la capacité. Elle ne comble pas cet écart.

Où se trouvent les mémoires dans un serveur d’IA

Un processeur et un accélérateur représentent ici tout un serveur. Schéma de principe.

  1. 1Le cache SRAM est à l’intérieur des puces : le plus rapide, et de loin le moins de bits.
  2. 2La mémoire à large bande passante, des piles de puces DRAM, se trouve tout contre l’accélérateur.
  3. 3Les barrettes DDR5, près du processeur, sont la mémoire de travail principale du serveur.
  4. 4Le stockage flash NAND conserve le modèle hors tension.
  5. 5Pour s’exécuter, un modèle est chargé depuis le stockage, via la mémoire principale, dans la mémoire de l’accélérateur.
  6. 6Les barrettes comme les piles sont faites de cellules DRAM : la cellule dont traite ce rapport.

La 4F² n’est pas la DRAM 3D

Le rôle : Distinguer deux idées différentes.

Comment ça marche

Dans une cellule 4F², le transistor est vertical, mais la matrice reste une seule couche de cellules. La DRAM 3D est une autre étape : les condensateurs sont couchés à l’horizontale et des couches entières de cellules sont empilées [27], si bien que la densité croît avec le nombre de couches plutôt qu’avec une emprise réduite [25]. SK hynix a démontré une puce complète à cinq couches empilées [26], et Samsung une structure à 16 couches [27]. La feuille de route ne voit pas de voie claire pour poursuivre la miniaturisation au-delà de la cellule planaire [8], ce qui explique que les deux voies soient explorées.

Qui a publié

Samsung appelle sa version DRAM empilée verticalement [25, 27]. SK hynix construit ses couches à partir de films sacrificiels de silicium et de silicium-germanium, et relie la pile à sa logique par collage hybride de tranches [26].

Limites et questions ouvertes

Les articles cités ici rapportent des démonstrations, pas des produits [26, 27].

Une emprise réduite n’est pas un empilement

On confond souvent 4F² et DRAM 3D. Les nombres de cellules sont ici illustratifs. Schéma de principe.

  1. 1Les cellules actuelles sont côte à côte, sur une seule couche.
  2. 2Une cellule 4F² est plus étroite : il en tient davantage dans la même largeur.
  3. 3Cela reste une seule couche de cellules. Le transistor est vertical ; la matrice ne l’est pas.
  4. 4La DRAM 3D prend l’autre voie : elle couche les cellules sur le flanc.
  5. 5Puis elle empile couche sur couche, comme le fait déjà la flash NAND.
  6. 6Les deux augmentent la densité. Ce sont des technologies différentes, à des stades différents.

D’une architecture annoncée à une mémoire que l’on peut acheter

Une architecture n’est que la première de plusieurs étapes. Une barrette pour serveur doit aussi respecter la norme des composants DDR5 [28], être validée par les fabricants des plateformes qui l’accueillent, être livrée en volume, et ne pas coûter plus par bit valide que ce qu’elle remplace. Chaque étape demande sa propre preuve. D’après les éléments de ce rapport, la 4F² dispose de prototypes publiés par plusieurs fabricants dans des conférences à comité de lecture, et d’un projet rapporté de barrette pour serveur.

  1. 1

    Annoncée. CXMT a décrit une plateforme 4F² fondée sur un transistor vertical à grille enrobante lors d’une conférence le 10 octobre 2026, selon la presse spécialisée [37].

  2. 2

    Prototype. Des dispositifs et des matrices 4F² mesurés ont été publiés par CXMT, Samsung, SK hynix, et Kioxia avec Nanya [11, 12, 14, 16].

  3. 3

    Échantillons. Aucune référence ni spécification 4F² n’apparaît dans les sources utilisées ici ; la presse a relevé, pour CXMT, qu’aucune n’avait été divulguée [38].

  4. 4

    Qualifiée. CXMT prévoirait une barrette DDR5 à registre pour serveurs d’ici la fin de 2026 [37, 38]. Un projet n’est pas une qualification.

  5. 5

    Volume. Non rapporté pour un produit 4F². L’annonce de production en volume de CXMT porte sur sa plateforme de cinquième génération, que son communiqué ne décrit pas comme 4F² [36].

  6. 6

    Rentable. Aucun fabricant n’a publié de rendement ni de coût par bit pour la 4F². Les bits valides par tranche valent puces par tranche × rendement × bits par puce, et les deux derniers termes ne sont pas publics.

D’une architecture annoncée à une mémoire que l’on peut acheter

Chaque échelon demande sa propre preuve. Un gros titre rapporte en général le premier. Schéma de principe.

  1. 1Annoncée : le fabricant décrit l’architecture dans une conférence, un article ou un communiqué.
  2. 2Prototype : des dispositifs mesurés montrent que la conception fonctionne.
  3. 3Échantillons : une référence nommée, avec sa spécification, parvient aux clients.
  4. 4Qualifiée : les fabricants de serveurs la valident sur leurs plateformes.
  5. 5Volume : elle est livrée régulièrement, avec un rendement maîtrisé.
  6. 6Rentable : le coût de chaque bit valide égale ou bat celui de l’ancienne cellule.

Surface de dessin par bit, en F²

Trois générations de cellule DRAM [5, 17]. Plus c’est petit, plus c’est dense. Surfaces nominales, pas des puces mesurées.

Surface de la puce entière après passage de la matrice en 4F²

Modèle idéalisé : la matrice rétrécit d’un tiers et rien d’autre ne change. Surface de la puce en pourcentage de la puce 6F², selon la part de cette puce occupée par la matrice de cellules. Pas un produit mesuré.

Affirmations vérifiées à la source

Des chiffres très repris dans ce domaine, confrontés un à un à leur source primaire. Lorsqu’aucune source ne confirme un chiffre, ce rapport ne l’utilise pas.

L’affirmationCe que dit la sourceConclusion
Une cellule 4F² est plus petite d’un tiers qu’une cellule 6F².Arithmétique sur les surfaces nominales, 4 ÷ 6. La presse donne le même chiffre, environ 33 % [38].Arithmétique : exact, pour la cellule seule.
La 4F² donne 50 % de mémoire en plus par puce.Le facteur 1,5× vaut par surface de matrice. Les amplificateurs de lecture et les pilotes occupent 13 % à 25 % de la puce et ne rétrécissent pas [9]. La presse donne une fourchette de 30 % à 50 % [37].Non établi, pour aucun produit.
Lire une cellule DRAM détruit son contenu, qui doit être réécrit.Énoncé dans le brevet d’origine et dans des descriptions de circuit ultérieures [1, 3].Physique établie.
Une cellule 4F² exige un transistor à canal vertical.La feuille de route le dit, et les cellules 4F² publiées en emploient un [8, 10, 14, 16].Étayé par des travaux à comité de lecture.
Des matrices 4F² fonctionnelles existent sur silicium.Une matrice de 8 Gb chez CXMT, une matrice de 275 Mbit chez Kioxia et Nanya, et une matrice intégrée chez SK hynix [11, 16, 14].Démontré dans des travaux à comité de lecture.
La mémoire serveur 4F² de CXMT est livrée.Rapporté comme un projet pour la fin de 2026, sans spécification divulguée [37, 38].Projet rapporté, pas un produit livré.
La plateforme de cinquième génération de CXMT est sa plateforme 4F².Le communiqué de l’entreprise décrit des avancées de lithographie, de condensateur et de grille. Il ne mentionne pas la 4F² [36].Non étayé par le communiqué de l’entreprise elle-même.
La plateforme de cinquième génération de CXMT produit au moins 50 % de puces en plus par tranche.Communiqué de l’entreprise, par rapport à sa plateforme précédente, ramené à une puce de 8 Gb [36].Déclaré par l’entreprise, non vérifié de façon indépendante.
Un transistor vertical en fait de la DRAM 3D.La DRAM 3D empile des couches de cellules ; une matrice 4F² n’en a qu’une [25, 27].Faux : ce sont des technologies différentes.
Une DRAM plus dense rend les serveurs d’IA plus rapides.Le goulet d’étranglement est la bande passante [31], et c’est l’interface qui la fixe [30].Pas à elle seule : elle ajoute de la capacité, pas de la bande passante.
La cellule 6F² a atteint sa limite.La feuille de route désigne la 4F² comme la limite pratique de la cellule et ne voit pas de voie claire au-delà de la cellule planaire [8]. La 6F² reste celle des puces modernes [7].Étayé comme direction, pas comme échéance.
La 4F² réduit le coût de chaque bit.Aucun chiffre de rendement ni de coût n’apparaît dans les sources utilisées ici.Non établi.

Questions fréquentes

Que signifie 4F² ?

F est le plus petit motif qu’utilise le dessin d’une puce. Une cellule 4F² occupe un carré de deux F de côté ; la cellule courante actuelle occupe 6F². C’est une mesure de surface de dessin par bit, pas le nom d’un nœud de fabrication.

4F² signifie-t-il 50 % de mémoire en plus ?

Seulement pour la matrice de cellules, et seulement sur le papier. Un carré de silicium contient 1,5 fois plus de cellules 4F² que de cellules 6F². Les circuits autour de la matrice ne rétrécissent pas : une puce entière gagne donc moins, et aucun fabricant n’a publié de chiffre mesuré pour un produit.

La 4F² est-elle la même chose que la DRAM 3D ?

Non. Dans une cellule 4F², le transistor est dressé à la verticale, mais la mémoire reste une seule couche de cellules. La DRAM 3D empile plusieurs couches de cellules les unes sur les autres. Les deux augmentent la densité ; ce sont des technologies distinctes, à des stades différents.

Pourquoi la DRAM doit-elle être rafraîchie ?

Chaque bit est une petite charge sur un condensateur, et cette charge fuit. La puce lit et réécrit donc chaque cellule à intervalle fixe, en général en moins de 64 millisecondes. C’est le D de DRAM : dynamique.

La 4F² rendra-t-elle les modèles d’IA plus rapides ?

Pas à elle seule. Une cellule plus dense met plus de bits sur une puce, ce qui augmente la capacité d’une barrette ou d’une pile de mémoire. La vitesse, pour servir de grands modèles, est surtout limitée par la bande passante mémoire, qui dépend de l’interface et non de la cellule.

Qui travaille sur la DRAM 4F² ?

Des démonstrations à comité de lecture sont venues de CXMT, Samsung, SK hynix, et Kioxia avec Nanya. En octobre 2026, la presse a rapporté que CXMT prévoyait une barrette mémoire pour serveurs d’ici la fin de l’année, sans spécification divulguée.

Algorythmos conçoit-elle des puces mémoire ?

Non. Algorythmos construit et exploite des systèmes d’IA : modèles, pipelines et surveillance. La capacité et la bande passante mémoire sont des contraintes avec lesquelles nous planifions, d’où notre attention au matériel.

Sources

  1. [1]Dennard, R. H., « Field-effect transistor memory », brevet US 3 387 286, IBM, délivré le 4 juin 1968
  2. [2]Liu, J., Jaiyen, B., Veras, R. et Mutlu, O., « RAIDR: Retention-Aware Intelligent DRAM Refresh », Carnegie Mellon University, 2012
  3. [3]Seshadri, V. et Mutlu, O., « The Processing Using Memory Paradigm: In-DRAM Bulk Copy, Initialization, Bitwise AND and OR », arXiv:1610.09603, 2016
  4. [4]Milwaukee School of Engineering, notes de cours ELE 3510, « SDRAM », 2023 (relation de partage de charge)
  5. [5]Takashima, D. et al., « Open/folded bit-line arrangement for ultra-high-density DRAM's », IEEE Journal of Solid-State Circuits 29(4), 1994. DOI 10.1109/4.280706
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  32. [32]Kwon, W. et al., « Efficient Memory Management for Large Language Model Serving with PagedAttention », SOSP 2023, arXiv:2309.06180
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  37. [37]TrendForce, « CXMT Accelerates 4F² DRAM Push, Eyes Year-End Server DDR5 RDIMM Launch », presse spécialisée, 12 octobre 2026
  38. [38]Seoul Economic Daily, « China's CXMT Says Server DRAM With 4F² Design Due This Year », presse, 12 octobre 2026
  39. [39]SK hynix Newsroom, « SK hynix Presents Future DRAM Technology Roadmap at IEEE VLSI 2025 », page de l’entreprise, 2025

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